MESSAGE N° 4 : le 10/04/2005

Salut tout le monde. Je vous avais donc laissé avec mon coude presque cassé alors que :1) je sauvais un enfant des flammes, sa mère et son petit chien Pitchou : version Hollywood.2) je faisais un bras de fer avec le champion allemand de la discipline et le laissais gagner par pur esprit sportif (le pauvre, devant tous ses amis...) : version presse people...3) faisais tranquillement du vélo dans les rues de Munich : version officielle.

 

Nous quittons donc la capitale bavaroise le lendemain, après moult remerciements à Béatrice, Ulrich et leurs enfants. Évidemment, nous partons plus tard que prévu et ne pouvons parcourir beaucoup de kilomètres. En plus, comme nous nous perdons de vue un moment, Richard et moi, nous perdons du temps à faire du rabe de kilomètres afin de nous retrouver. Peu après, alors que je fais les courses dans un supermarché d’Ebersberg, Richard se fait aborder par une dame d'une soixantaine d'années (il a la côte le Richard !!!) qui nous emmène chez elle afin de téléphoner à des amis car, à ce qu’il nous semble comprendre (il me faut vous rappeler que ni Richard ni moi ne pratiquons VRAIMENT la langue de Goethe... Surtout moi d'ailleurs...) Ebersberg est jumelée à une ville française dont le nom est imprononçable pour elle.

 

Bref, nous finissons par parler avec ses voisins (la dame maîtrise le français) et ces derniers nous invitent à dormir chez eux après que nous eussions soupé chez les premiers (je sais, c'est un peu compliqué mais c'est comme ça que ça s'est passé ; je ne peux pas tout inventer quand même !?!). Nous passons donc une excellente première partie de soirée chez la première dame, celle du magasin, son mari et leur fils. Aucun ne parle anglais et nous prenons des cours accélérés de vocabulaire allemand. Nous dégustons un très bon repas à base de charcuterie qui s'appelle "la pause pain" (bon c'est traduit de l'allemand par mes soins... Mais globalement c'est ça). Ensuite, nous migrons chez nos hôtes d'un soir où nous passons une toute aussi excellente deuxième partie de soirée autour de jus d'orange et d’une bouteille de vin débouchée pour l’occasion.

 

Le lendemain, nous remercions tout ce joli monde et prenons une photo avec un voisin qui bosse pour un journal local. Le bougre, manchot de son état, suscite l’admiration générale en pédalant quelques mètres sur mon vélo chargé. Top respect ! Il nous promet un article dans son canard ; on verra bien. Nous prenons ensuite la route.

Munich – Oradea (Roumanie) : Le Beau Danube Vert-kaki dans lequel Bouddha Pêche !

Le temps se dégage et nous commençons à réellement apprécier le simple fait de faire du vélo, tranquillement, sur les nombreuses pistes cyclables longeant les routes allemandes. Le midi, nous mangeons dans une magnifique clairière en bordure de route, au milieu de sapins debout et de sapins couchés. Heureux comme des coqs en pâte, nous mangeons juchés sur notre tas de rondins en écoutant les oiseaux. Ce moment de calme nous revigore et nous repartons de plus belle en direction de Burghausen : la dernière ville allemande à franchir avant l'Autriche.

 

Nous y arrivons assez tard, vers 17H30, et commençons par la visiter afin de pouvoir profiter des derniers rayons du soleil pour sortir quelques photos sympas. Il faut savoir, et je suis surpris que ce ne soit pas le cas de la plupart d'entre vous... Ceci dit, c'était aussi le mien il y a deux jours... Il faut savoir qu'à Burghausen se trouve le plus long château d'Europe : plus de un kilomètre de long. Attention, il ne s'agit pas d'une ville fortifiée, à l'instar de Carcassonne, que je visitai jadis, l'été dernier, mais bien un château. Enfin, ici ils appellent quand même ça le "Burg"... Quoiqu'il en soit, record d'Europe du kilomètre de murailles mis à part, c'est joli et, évidemment, très bien restauré et entretenu (on est peut-être à la frontière allemande, mais on est quand même en Allemagne, nom de Dieu !). La vieille ville, entre le château et la rivière vaut aussi le déplacement.

 

Après les énormes courses qui vont nous permettre de tenir pendant le long week-end de Pâques qui nous attend (quatre jours où tout est fermé), nous franchissons la frontière vers les 20H00, alors qu'il fait déjà nuit. En plus, après les 95 kilomètres que l'on vient de parcourir ce jour-là (record battu ! Et c'est autre chose qu'un record d'Europe d'un tout petit kilomètre de muraille de je-ne-sais-quoi...), il nous faut encore grimper une côte bien bien raide. Heureusement, une bonne surprise nous attend en haut : un terrain de foot avec des footballeurs dessus. Je demande à l'entraîneur des jeunes si l'on peut utiliser les vestiaires pour se doucher. Il accepte de bon cœur et, de fil en aiguille, nous obtenons de pouvoir y dormir.

 

Nous sympathisons aussi avec Robert, le vice président du club, qui nous prend en charge. Il nous emmène dans un pub et nous offre boissons et nourriture à volonté. Il nous explique qu'il trouve génial ce que nous faisons, notamment le simple fait de voyager comme ça, un peu à la roots, et que c'est pour ça qu'il fait tout ce qu'il peut pour nous aider. Nos estomacs lui disent merci pour son aide. Avant de nous laisser aller dormir, il m'offre même un ballon de foot en insistant pour que je l'emmène. Il s'agit du ballon officiel de l'Euro 2004. J'hésite mais décide finalement de l’embarquer malgré le poids et le volume en plus.

Le lendemain, nous repartons en direction de Linz et du Danube. Le plan est de rejoindre Linz ou ses environs demain soir. Nous traversons la campagne sous une fine pluie et arrivons à Braunau vers les 11H30. Cette ville ne mériterait pas vraiment qu'on la mentionne si elle n'était la ville d'origine d'un peintre raté qui a malheureusement trop bien réussi sa carrière politique. Il n'est pas étonnant d'ailleurs que l'office du tourisme n'axe pas vraiment sa "com." sur lui... Ceci dit, ça m'a fait assez bizarre qu'à chaque fois que nous mentionnions cette étape à des allemands, notamment les plus âgés, ils nous disent systématiquement : "Ah oui ! Braunau, c'est là où Hitler est né". Bref, le centre a l'air mignon mais sans plus, et nous en repartons dès que nous trouvons notre chemin.

 

Un peu plus loin, un vieux con nous jette de dessous le porche d'une église où nous nous proposions de pique-niquer pour nous abriter de la pluie... Comme quoi, certains vivent leur religion d'une bien belle manière... En plus, un vendredi saint ! Pour la peine, mais ce n'était pas prémédité, nous mangeons à deux pas de là un excellent jambon fumé. Et toc !

 

Le soir, nous tentons notre chance dans un centre équestre. Le dernier nous avait plutôt bien réussi. BINGO ! Le proprio trouve aussi que ce que l'on fait est génial et il nous donne la chambre où il accueille des jeunes durant l'été pour des stages d’équitation. En plus, il nous invite à manger avec sa famille et nous propose même de la charcuterie alors qu'eux n'en mangent pas (on est toujours sa sainteté de vendredi !). Nous leur disons que nous pouvons tout à fait nous en passer mais ils insistent, invoquant la nécessaire tolérance religieuse. Comme quoi, et l'exemple est d'autant plus frappant qu'il se produit sur la même journée, chacun vit sa religion à sa manière.

 

Ils nous expliquent qu'ils élèvent des poneys islandais. Et là, je pense que je vais vous en apprendre une bonne... Enfin, une bonne, disons que c'est assez surprenant. En effet, il existe une loi qui remonte au Moyen-âge… Et pas à la Renaissance. Non ! Non ! Au Moyen-âge de chez Moyen-âge, le Moyen-âge islandais, du genre y’a mille ans quoi ! Quand même ! Loi qui, afin de préserver le pays des grandes maladies et autres fléaux de l'époque, interdisait d'importer des animaux sur l'île et, notamment, des chevaux ! Cette loi, encore valide aujourd'hui, fait que lorsqu'il y a des compétitions sur le continent, les équipes islandaises doivent vendre leurs chevaux après la compète car elles ne peuvent les ramener sur place. Etonnant ? Non ? (Comme disait feu Monsieur Cyclopède). Bref, nous passons une très bonne soirée.

Le lendemain, nous prenons les photos et effectuons les remerciements d'usage et repartons sous le soleil en direction de Linz. A midi, nous mangeons dans une autre petite clairière, au bord d'un chemin et toujours sur des troncs d'arbres. Un gars qui passait par là vient nous voir et nous dit que nous ferions une jolie photo assis là comme ça à pique-niquer. Il est reporter pour un journal local et réalise donc une interview. Nous en profitons pour lui remettre la plaquette de notre projet. Nous prenons quelques photos et le voilà reparti avec la promesse de nous envoyer le fruit de son inspiration par courrier. On verra bien. Nous repartons aussi et arrivons, toujours sous le soleil, après moult côtes, au bord du Danube.

 

Nous voici donc au bord du beau Danube kaki. Nous décidons de camper là, à 10 kilomètres en amont de Linz. L'endroit est excellent. Sur l'autre rive se trouve un magnifique château de contes de fées. Le soir, nous cuisinons au bord du fleuve et finissons la soirée avec de jeunes autrichiens venus eux aussi barbecueter[i].

[i] barbecueter : Verbe, action de faire un barbecue.

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Le lendemain, nous repartons vers Linz que nous visitons. Comme c'est le dimanche de Pâques, il n'y a tout simplement personne dans les rues. C'est impressionnant ! En repartant nous nous égarons un petit peu et nous nous retrouvons sur une double voie rapide (une sorte d'autoroute interdite aux vélos) pendant 2 ou 3 kilomètres durant lesquels, selon l'expression de Richard, nous serrons les fesses. Puis, nous traversons le Danube et rejoignons la piste cyclable qui le longe jusqu'à Vienne, à 240 kilomètres de là. Malheureusement, nous avons le vent de face et nous avançons finalement assez peu. Au final, après 55 kilomètres, nous nous arrêtons près d'un camping désert, d'une base de loisirs et d'un terrain de foot. Nous nous payons même le luxe, alors que nous sommes vraiment fatigués par la journée de vélo (surtout avec le toujours aussi scandaleux fort vent de face), de taper la balle avec les quelques jeunes qui sont là. Nous jouons une bonne heure et demie. Une fois qu'ils sont partis, nous décidons de dormir sous une espèce d'abri avec des murs en air… Ça se trouve juste devant une sorte d'hôtel qui a l'air fermé à cause du week-end de Pâques. J'y tends mon hamac alors que Richard dort sur des bancs.

 

Le lendemain matin, la fille qui vient ouvrir le lieu est toute surprise de nous trouver là mais elle réagit plutôt bien. En plus de nous offrir le petit déjeuner, elle nous propose de prendre une douche dans l’hôtel. Magique ! Non ? Nous la remercions avant de repartir pour une très longue étape le long du beau Danube toujours kaki... 

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Aujourd'hui, le vent est avec nous et nous dévorons les kilomètres. En milieu d'après-midi nous sommes à Melk où se dresse une magnifique et imposante abbaye sur un rocher surplombant le beau Danube qui n'a pas changé de couleur... Nous repartons assez tard, vers 17H30 pour les 20 ou 30 derniers kilomètres de la journée. Nous passons la barre symbolique (pour nous du moins) des 100 kilomètres dans une journée puisque mon compteur affiche 104 quand nous nous arrêtons.

 

Nous demandons à un gars si nous pouvons camper dans le coin. Il nous répond par l’affirmative en nous précisant que si « problème Polizei » nous n'avions qu'à dire que Jamek nous avait dit que c'était bon. Nous décidons de nous rendre chez ledit Jamek. Bien nous en prend car nous nous trompons de Jamek. En effet, on nous avait indiqué le Jamek qui possède un gros restaurant et qui gère un peu tout le village, et nous atterrissons chez Anna-Maria Jamek, femme d'un producteur de vin, gérante d'une auberge, et qui n'a (si nous avons bien compris) rien à voir avec l'autre. Vous suivez ? Moi, déjà plus trop !

 

Bon, Après avoir écouté nos arguments :

1) Long voyage à vélo

2) Nous vouloir planter tente dans votre jardin

3) Nous pas beaucoup d'argent rapport à 1)

4) Nous gentils, nous pas méchants

Anna-Maria nous propose l’hébergement avec le petit-déjeuner en prime. Nous insistons pour savoir le prix et elle nous dit : 2€ par personne. Comme je lui demande pourquoi, elle nous répond que c'est parce qu’on est le lundi de Pâques. Bref, Anna-Maria, très croyante, fait avec nous sa bonne action de Pâques. Comme quoi... Chacun vit sa religion blablabla...

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Bon, et le lendemain, nous voici repartis… ça devient routinier, non ? Eh bien non ! Car, je ne sais pas si vous vous rendez compte, chaque jour est différent. C’est ce que j’aime dans le Voyage. Nous voici donc repartis vers Vienne. Le vent n’est pas vraiment avec nous et c’est ça le plus embêtant. Nous traversons quelques jolies bourgades sur le Danube et nous faisons même interviewer aux alentours de midi avant d’aller nous-mêmes poser quelques questions à un ingénieur de la déchetterie voisine, rapport au projet. En fin d’après-midi, nous sommes à une vingtaine de kilomètres de Vienne lorsque nous décidons de nous arrêter. Nous tombons sur des jeunes qui jouent au volley et nous nous joignons à eux. Il s’agit en fait d’un camp de réfugiés politiques en transit et, surtout, en attente d’une régularisation de leur situation. Je vous passe les détails, mais nous rencontrons des gens de tous les pays les plus connus du monde grâce au journal de vingt heures qui vous dit toute la vérité, rien que la vérité il vous le jure ! Afghanistan, Tchétchénie, Nigeria, Congo, Somalie, Ethiopie, etc. Chacun avec une histoire dramatique et des situations vécues tout simplement hallucinantes… Renvoyés d’un camp à l’autre, d’un pays à l’autre… L’un d’entre eux, Nasir, avec qui nous avons bien sympathisé, est passé par Sangatte avant de passer clandestinement en Angleterre sous les essieux d’un camion… Je ne vous parle pas de ce jeune homme tchétchène peu bavard avec des brûlures sur une bonne partie du corps ou encore de ce roumain d’une cinquantaine d’années et de ses deux doigts coupés…

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Bref, nous obtenons de la directrice, Marianne, une jeune autrichienne fort sympathique, de pouvoir camper sur le terrain du camp (qui ressemble un peu à une colo) et de pouvoir utiliser douches et cuisines. Nous décidons donc de rester deux nuits là afin d’en profiter pour visiter Vienne. C’est donc à cela qu’est consacrée la journée suivante. Pour le coup, Vienne n’a pas vraiment changé depuis mon dernier passage, en 95, mis à part qu’il fait beau cette fois-ci. C’est toujours une ville magnifique, avec des monuments un peu partout, et où l’on ressent clairement le faste passé.

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Nous repartons le lendemain, toujours sous le soleil et contre le vent, en direction de Bratislava. Nous sommes à 8 kilomètres de la frontière lorsque nous décidons de poser notre tente dans une ferme. Auparavant, nous avons pu admirer une partie des ruines de petronell carnuntum, une ville antiquement romaine de plus de 50 000 habitants à son apogée (ça fait toujours bien de placer apogée), et qui date de l’époque où les romains bâtissaient des ruines pour qu’on les visite plus tard…

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Le jour suivant, 31 mars, nous entrons de bon matin, et par l’autoroute (ou du moins son correspondant sur place), en Slovaquie. Après quelques petits kilomètres de « serrage de fesses », nous sommes dans le centre-ville. D’un aspect extérieur, ça n’a pas tant changé que cela depuis mon dernier passage (en 1995 ! J’en ai fait des choses cette année-là !). En revanche, les prix ont vraiment grimpé. On sent que le pays s’occidentalise à grands pas. Bref, il fait beau, c’est une ville magnifique et toute petite et, une fois la visite bâclée terminée, nous repartons pour rejoindre le Danube. Nous nous égarons un peu mais nous faisons finalement aider par l’ex-mécano d’une équipe italienne de cyclisme dont le fils (pas de l’équipe, mais bien du mécano) a gagné une étape du Tour de France il y a 3 ou 4 ans. Il nous guide gentiment, à vélo, jusqu’à la piste qui longe le fleuve.

 

Nous laissons donc Bratislava et sommes bientôt proche de Šamorin, toujours le long du Danube. Nous décidons de manger sur la plage de galets autour d’un bon feu. Nous rencontrons Marco, un gars d’origine française (euh, d’il y a 200 ans ou plus) un peu barré dans sa tête mais très gentil. Il nous propose de nous montrer un endroit à Šamorin où nous pourrions poser la tente. Nous faisons donc les 8 kilomètres de nuit, avec lui, mais ne sommes pas convaincus par l’endroit qu’il nous montre. Nous le remercions et toquons chez des gens pour leur demander de planter nos tentes dans leur jardin. Comme c’est le 1er avril, la fille qui nous ouvre croit que c’est un gag de la télé slovaque cette histoire de deux gars français qui font Paris - Shanghai à vélo… Finalement, nous leur montrons les articles de la presse française que je conserve comme une arme fatale, et la maîtresse de maison nous invite carrément à dormir chez eux. Dans la maison vivent deux filles et leur mère. La plus vieille des deux filles parle très bien l’anglais car elle l’étudie et nous sert donc d’interprète. Ainsi, nous apprenons qu’elles font partie de la minorité hongroise qui vit en Slovaquie et qui représente environ 10% de la population totale du pays. Elles nous enseignent quelques mots de hongrois qui nous serviront d’ici quelques jours.

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Le lendemain, nous les remercions plus que chaleureusement et la mère insiste même pour que nous prenions le pique-nique qu’elle nous a préparé et les pots de confiture et de fruits confits qu’elle nous offre. Nous repartons donc surchargés et impressionnés par cet accueil pré-hongrois. La journée est ensoleillée et agréable et nous empruntons ce qui, sur ma carte, est un petit chemin de terre pour pouvoir manger au bord du Danube sauvage (non domestiqué pour l’électricité). L’idée était mienne et nous nous en serions passés. En effet, une fois mangé, nous reprenons le chemin qui s’enfonce dans des marécages, surtout en ces périodes de crues (c’est la fonte des neiges), et nous égarons un peu. Nous retrouvons le chemin dont la boue colle à nos pneus et s’accumule sur les parties utiles du vélo. Malgré tout, nous ne perdons pas espoir de sortir de cet enfer par le chemin prévu sur la carte. Et finalement, 50 mètres avant le pont qui va nous sauver, nous devons nous résigner, chaussures au cou, à traverser une immense mare atteignant parfois les 30 centimètres de profondeur et mouillant un peu les sacoches. Bref, nous sommes passés. C’est un peu notre victoire du jour, bien plus que les 70 kilomètres que le compteur affiche le soir même.

 

Auparavant, je me suis fait piquer à l’œil par une abeille en voulant faire mon malin à les photographier de trop près dans leur ruche… La piqûre est sur la paupière mais ça ne gonfle presque pas. Tant mieux ! Le soir, nous plantons notre tente dans le jardin d’un couple d’une cinquantaine d’années bien tassées et la femme nous offre à manger ainsi que l’accès à sa cuisine. Avec son mari, nous allons au bar du coin où des jeunes nous initient au billard local.

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Le lendemain, mon œil a tellement enflé qu’il m’est difficile de l’ouvrir ! Après les remerciements, nous repartons le long du Danube et passons la frontière hongroise à Komarno (Komarom côté hongrois). Nous poussons jusqu’à une ville nommée Tat. Là, nous nous faisons inviter à dormir chez un couple de gens assez âgé et vivant avec leur fils Laszlo, leur belle fille Livia, et David leur petit-fils. Nous passons une très bonne soirée en leur compagnie : nous mangeons comme 4. Ils nous font une lessive et nous prenons une bonne douche bien chaude. Le grand luxe quoi ! (Je dis ça mais en fait, on arrive à avoir accès à des douches presque tous les jours !). On peut dire que leur accueil est exceptionnel, surtout qu’ils n’ont pas l’air de rouler sur l’or. Le lendemain matin, mon œil est toujours aussi gonflé et pas ouvrable. Avant de partir au boulot, la dame veut nous donner des vêtements pour que l’on n’ait pas froid. Elle est simplement adorable. Tant d’humanité nous impressionne toujours autant. Nous les quittons pleins d’optimisme et le soleil qui nous accompagne est aussi présent sur la route que dans nos têtes.

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L’objectif du jour, Budapest, est atteint rapidement. Malheureusement, nous mettons un certain temps à trouver un endroit où loger. Il faut dire que ça va être la première fois depuis le début du voyage, il y aura un mois demain, que nous devrons payer pour le logement. Nous cherchons tout de même à ce que ce ne soit pas excessif. Mais, de ce côté-là, Budapest a énormément changé depuis mon dernier passage… Non, pas en 1995, mais en 1998 (ceci dit, j’y étais aussi passé en 1995…)

 

Bref, nous nous installons dans une auberge de jeunesse indépendante près d’une université. Nous avons, lors de nos recherches de l’après-midi, rencontré un étudiant fort sympathique avec qui nous passons la soirée dans des bars locaux avec Laszlo, son pote, et Philippe, un français bien sympa qui bosse au Marriott du coin.

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Aujourd’hui, (le lendemain d’hier donc, et, surprise, la veille de demain) nous visitons Budapest. Nous commençons par ce qui devrait être un des clous de la journée et qui s’avère être un peu un flop. Il s’agit de Szobord Park, un endroit à une dizaine de kilomètres de la ville où l’on a regroupé les statues de l’époque communiste. Laszlo nous avait dit qu’elles étaient grandes comme des immeubles mais, et j’aurais dû m’en douter, parlant sous l’emprise de boissons qui n’ont rien à voir avec le jus de fraise, il avait un tantinet exagéré... En fait, les statues sont peu nombreuses et pas grandes du tout. Heureusement, il y a ces posters qui pastichent un peu les trois ténors et qui, sous la photo de Staline, Mao et Lénine titrent : les Trois Terreurs (The Three Terrors). Ça me fait bien marrer.

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Nous redescendons vers Budapest que nous visitons rapidement avant de nous rendre aux bains. Là, c’est le pied. Parce que Budapest a beau être une ville magnifique, c’est quand même la partie de l’après-midi que j’apprécie le plus. Nous sommes dans une sorte de piscine à 35 degrés où tout le monde a pied, dans des bains magnifiques et sous un ciel bleu tiptop, de chez tip et de chez top ! Le pied vous dis-je ! En plus mon œil va mieux, alors…

 

Le soir, rebelote avec nos amis hongrois, aux bras de leurs copines. Nous passons la soirée (qui s’annonce excellente puisque Liverpool bat la Juve 2 à 1) à naviguer de bars en bars en leur compagnie. Nous nous quittons émus car nous avons franchement bien accroché avec eux, et espérons les revoir.

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Le jour suivant, nous mettons les voiles assez tardivement en direction de la Roumanie. Nous ne parcourons que 50 Kms. A Monorierdo, on nous confie les clefs d’une maison à vendre. Une fois de plus, les fameux articles de journaux nous ont bien aidé. Nous, nous ne demandions qu’à pouvoir monter la tente, mais les gens du bled ont décidé d’être hospitaliers. Tant mieux !

 

Après une bonne nuit de repos nous repartons pour une étape de 100 kilomètres, malgré le vent de face presque constant. Nous faisons un détour rapport à « y avait trop d’eau et la route allant au bac était inondée environ 100 mètres AVANT le bac qui, par conséquent, n’était pas en service… ». Et 40 kilomètres de plus pour nos jambes fatiguées ! Heureusement, nous trouvons facilement un jardin chez un couple assez âgé (rassurez-vous, vous ne tournez pas en rond, vous n’avez pas déjà lu ce passage, c’est juste que je me répète un peu…). La dame nous offre à manger et nous jouons un peu avec Broton, son petit-fils.

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Nous repartons le jour suivant, après les remerciements, toujours vers la Roumanie. J’ai une forte tendance à penser que nous sommes maudits puisque le vent est TOUJOURS contre nous… Bref, grosse étape encore aujourd’hui, à travers la campagne hongroise qui nous apparaît de plus en plus pauvre (comme on nous l’avait dit…) : 85 kilomètres. Nous sommes obligés de rouler sur des 2 fois 2 voies interdites aux vélos mais bon, c’est la seule route qui va où l’on va… On voit aussi beaucoup de cigognes dans leurs nids énormes.

 

Le soir, nous sommes à Devavanya où nous trouvons logement dans une espèce de cabane de jardin bien aérée, moi dans mon hamac et Richard sur des palettes de bois. La maîtresse de maison nous invite à partager son repas avec ses deux enfants. Elle parle très bien anglais car elle est guide dans un parc local où, qui l’eut cru, l’on protège le plus grand oiseau volant d’Europe : le ‘Great Bastard’ en français dans le texte : Le Grand Bâtard.

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Le lendemain, nous repartons pour une troisième grosse étape d’affilée puisque nous parcourons plus de 100 kilomètres pour atteindre Oradea, en Roumanie. Nous terminons donc notre parcours en Hongrie et entrons en Roumanie. Mikhaïl, le cousin de Johann (un ancien collègue de travail de Richard), nous accueille comme des princes chez lui et nous montre même un peu la ville de nuit. Demain, au programme : visite de la famille, à la campagne, bains chauds (comme à Budapest) et karting.

 

Voilà, je promets que je résumerai beaucoup plus la prochaine fois. Je pense d’ailleurs que je commencerai par le récit de comment j’ai fait des tonneaux avec le Karting.

 

A + et grosses bises à tous.

Lionel

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